En résumé
Oui, le DPE peut contribuer à un refus de prêt immobilier. Il n’existe pas de règle imposant à toutes les banques de refuser les logements F ou G, mais chacune fixe ses critères : BoursoBank, par exemple, exclut les biens classés G des projets financés. Pour un autre établissement, un dossier solide explique quels travaux sont prévus, ce qu’ils coûteront et comment l’achat et les travaux seront financés. La classe visée compte aussi pour la valeur du bien : sur les ventes de 2024, les Notaires de France constatent un écart moyen de −25 % entre maisons G et D comparables, et de −12 % entre appartements G et D. Une projection ne garantit ni ce prix, ni le classement après travaux, ni l’accord bancaire. Source : BoursoBank ; source : Notaires de France.
01 / RÉPONSE DIRECTE
Un DPE F ou G peut-il vraiment faire refuser un prêt ?
Oui, mais la classe seule ne permet pas de prévoir la réponse de toutes les banques. L’établissement peut examiner la valeur du bien, les dépenses de rénovation et la capacité de l’emprunteur à assumer l’ensemble de l’opération. Certaines offres fixent aussi leurs propres exclusions.
Sur sa liste publique de projets non financés, BoursoBank cite expressément les biens notés G. Cette page ne formule pas la même exclusion générale pour la classe F. Un programme de travaux envisagé ne permet donc pas de supposer qu’un achat classé G entrera dans cette offre : il faut vérifier l’éligibilité auprès de la banque avant d’y déposer le dossier. Conditions publiées par BoursoBank, consultées le 14 octobre 2026
À l’inverse, si une banque étudie ce type de bien, la discussion porte sur un projet complet. Sans explication sur les travaux et leur coût, elle ne voit que le classement actuel et une dépense future incertaine. Il reste nécessaire de lui demander ce qui bloque réellement : on ne peut pas attribuer au seul DPE un refus dont le motif n’a pas été communiqué.
02 / ANALYSE DU PROJET
Que regarde la banque derrière l’étiquette énergétique ?
Un mauvais DPE peut soulever trois questions distinctes. Combien coûtera l’opération entière ? Le prix d’achat ne suffit pas si des travaux doivent suivre. Comment ces travaux seront-ils payés ? La banque doit pouvoir apprécier le crédit demandé, l’apport et les ressources restantes. Que devient le bien ? Sa valeur et, pour un achat destiné à la location, la possibilité de le louer comptent dans l’analyse.
En France métropolitaine, les logements classés G ne peuvent plus être proposés à la location depuis 2025 ; les échéances prévues concernent ensuite F en 2028 et E en 2034. Ces restrictions ne constituent pas une interdiction de vendre le bien. Elles rendent particulièrement important le calendrier des travaux pour un investissement locatif. Source : Service-Public.fr
La classe après travaux est une hypothèse de projet. La banque examine le financement d’aujourd’hui, avec le prix, les devis et les ressources de l’acquéreur. Un nouveau DPE sera nécessaire pour constater le classement après réalisation des travaux.
03 / RETOUR D’EXPÉRIENCE
Quelle banque contacter pour un logement classé G ?
Il n’y a pas de réponse valable pour tous les dossiers. Sur un achat récent d’un logement G, les réponses communiquées à Bureau DPE ont varié entre cinq réseaux nationaux. Le tableau ci-dessous décrit ce cas particulier : il donne des pistes pour préparer ses questions, pas les conditions officielles ou permanentes de chaque banque. L’apport, les travaux et le profil de l’emprunteur peuvent modifier la réponse.
| Banque | Position rapportée dans ce dossier |
|---|---|
| Société Générale | Apport demandé proche de 20 %. |
| Caisse d’Épargne | Travaux d’amélioration du DPE à intégrer au projet ; apport de 10 % jugé acceptable. |
| CIC | Financement proposé à hauteur de 80 % du prix du bien sans travaux ; jusqu’à 100 % si des travaux d’amélioration énergétique étaient prévus. |
| Crédit Agricole | Apport de 10 % jugé acceptable, sans travaux imposés. Seul établissement du cas prêt à financer le prix du bien à 100 % en l’état. |
| LCL | Synthèse écrite du projet demandée, avec travaux d’amélioration énergétique ; apport d’environ 15 %. |
Retour d’expérience communiqué par un porteur de projet à Bureau DPE. Les pourcentages de financement du prix du bien et d’apport ne désignent pas nécessairement la même assiette : frais d’acquisition et travaux peuvent être traités séparément. Aucun accord de crédit pour un autre emprunteur ne peut être déduit de ce tableau.
Dans la réponse du CIC, limiter le financement à 80 % du prix sans travaux laissait 20 % à couvrir autrement. Cette marge peut contribuer à protéger un prêteur si le bien doit être revendu après une défaillance de l’emprunteur ; il s’agit d’une interprétation du cas, et non d’un motif confirmé par le CIC. Avant de choisir une banque, demandez-lui explicitement si elle finance la classe G actuelle, quelle part du projet elle accepte et quels justificatifs de travaux elle attend.
04 / CONTEXTE DATÉ
Pourquoi la remontée des taux renforce-t-elle l’intérêt d’un budget travaux précis ?
Les repères publiés en octobre 2026 confirment une hausse récente, avec des mesures qui ne portent pas toutes sur la même chose. Chez CAFPI, le taux moyen obtenu pour ses clients sur 20 ans est passé de 3,43 % en août à 3,51 % en septembre, selon son baromètre consulté le 14 octobre. Meilleurtaux indique de son côté que les barèmes standards avant négociation de ses banques partenaires sont passés de 3,69 % début septembre à 3,86 % début octobre. Source : CAFPI ; source : Meilleurtaux.
Le taux de référence de l’État à dix ans, le TEC 10, était affiché à 4,82 % le 13 octobre 2026 par l’Agence France Trésor. C’est un indicateur du marché obligataire, pas le taux auquel un ménage emprunte. Sa progression exerce une pression sur le financement des banques, sans fixer mécaniquement le taux d’un prêt particulier. Source : Agence France Trésor
Pour situer ces baromètres par rapport aux crédits effectivement accordés à l’échelle nationale, la dernière statistique mensuelle disponible de la Banque de France au moment de cette rédaction porte sur août : 3,32 % en moyenne pour les nouveaux crédits à l’habitat hors renégociations, contre 3,30 % en juillet. Les périodes et les populations observées diffèrent ; ces chiffres ne doivent pas être mélangés en une seule série. Source : Banque de France, publiée le 6 octobre 2026
Dans ce contexte, une enveloppe de travaux trop large peut rendre le montant à financer difficile à soutenir ; une enveloppe trop faible peut laisser le projet inachevé. L’objectif est de chiffrer un parcours cohérent, puis de faire calculer la capacité de financement sur cette base. Aucun taux cité ici ne préjuge de la décision d’une banque sur un dossier individuel.
05 / CLASSE CIBLE
Faut-il viser A, B ou D pour financer une passoire thermique ?
Il n’existe pas de classe cible unique qui déclenche un accord de prêt. Mais les lettres ne sont pas équivalentes pour la valeur du bien. Quitter l’état de passoire signifie sortir des classes F et G ; atteindre D peut aussi rapprocher le projet d’une classe de référence sur le marché immobilier. Aller vers A ou B représente une ambition supplémentaire, dont le coût doit être comparé au bénéfice attendu.
Dans leur étude sur les ventes de 2024, les Notaires de France prennent la classe D comme référence. À caractéristiques comparables, les maisons G se sont vendues en moyenne 25 % moins cher que les maisons D, et les appartements G 12 % moins cher que les appartements D. Pour les appartements, les classes C, B et A présentent respectivement des écarts moyens de +6 %, +12 % et +16 % par rapport à D. Ces chiffres donnent une raison concrète de comparer une cible D avec une cible plus ambitieuse. Source : Notaires de France, note de conjoncture n° 69, octobre 2025
Le passage de G vers D peut traiter une partie importante du risque de décote observé sur le marché, tandis que A ou B peut correspondre à une surcote supplémentaire. Il s’agit d’écarts statistiques entre biens vendus, pas d’une promesse de récupérer automatiquement 25 % de valeur en rénovant un logement G. Le prix final dépend aussi du marché local, du coût et de la qualité des travaux. Pour une banque, ces données peuvent éclairer la discussion sur la valeur du bien ; elles ne prouvent pas qu’elle appliquera ce barème à son dossier.
Le DPE d’une passoire propose normalement deux bouquets : un premier pour sortir de l’état de passoire, puis un parcours vers une classe performante A ou B, sauf contraintes techniques ou architecturales. Ces recommandations ont une valeur indicative et ne constituent pas une obligation de travaux. Le chiffrage du bouquet complet ne doit donc pas être présenté comme le coût nécessaire pour obtenir un prêt ou pour vendre. Source : ministère de la Transition écologique
Lever le statut de passoire ; la valeur du bien reste à apprécier selon la classe atteinte.
Atteindre la classe de référence de l’étude notariale et éviter les échéances locatives prévues pour E.
Rechercher une performance et une valeur potentiellement supérieures, avec un budget à justifier.
Une étude de projection peut comparer les combinaisons de travaux et les classes simulées pour une cible choisie. Elle ne remplace ni les devis, ni l’audit réglementaire lorsqu’il est obligatoire, ni un nouveau DPE après travaux. Une trajectoire moins coûteuse pour l’étiquette peut aussi apporter moins de bénéfices en confort ou en rénovation globale.
06 / CHOIX DES TRAVAUX
Quels travaux améliorent le DPE sans perdre de vue le confort ?
Les travaux n’ont pas tous le même effet sur l’étiquette. Pour trouver un parcours adapté, il faut simuler plusieurs bouquets et comparer le budget nécessaire aux gains conventionnels de consommation et d’émissions de gaz à effet de serre, puis vérifier la classe obtenue. Le meilleur rapport entre euros investis et kWh/m²/an gagnés peut aider à trier les options, mais la classe DPE dépend aussi du seuil d’émissions et des caractéristiques du logement. Source : ministère de la Transition écologique
Un parcours optimisé pour changer de lettre ne suffit pas à décider de toute la rénovation. Les fenêtres en sont un bon exemple : dans certains biens, leur remplacement apporte moins de gain à la classe simulée que d’autres postes pour un investissement important. Il peut néanmoins améliorer fortement la sensation de froid, limiter les infiltrations d’air et atténuer le bruit. Son intérêt doit donc être évalué aussi pour le confort des habitants, pas seulement pour le DPE. France Rénov’ rappelle également qu’il faut vérifier la ventilation lorsqu’on pose des fenêtres plus étanches. Source : France Rénov’
07 / MÉTHODE
Quels documents présenter pour financer l’achat et les travaux ?
Le dossier doit relier une classe cible justifiée à des travaux identifiables et à des montants finançables. Voici l’ordre de préparation le plus utile :
- Vérifier les documents du bien.Réunir le DPE et sa date. Pour la vente d’une maison individuelle ou d’un immeuble en monopropriété classé E, F ou G, vérifier la présence de l’audit énergétique réglementaire. Source : Service-Public.fr
- Comparer des scénarios de travaux.Indiquer la classe simulée, les postes retenus, le budget estimatif, sa fourchette et les hypothèses à confirmer. Comparer des périmètres identiques lorsque l’on parle de coût.
- Obtenir des devis cohérents avec le scénario.L’agent peut transmettre des devis déjà disponibles ; sinon, il faut en demander entre le compromis et la finalisation de la demande de prêt, dans les délais convenus. Les devis précisent coût et faisabilité ; une estimation d’étude ne vaut pas prix ferme d’entreprise.
- Monter le financement global.Présenter prix, frais, travaux, apport, crédits envisagés et marge pour les imprévus. Ne compter une aide dans le plan qu’à hauteur de ce qui est réellement acquis ou en indiquant clairement qu’elle reste à confirmer.
- Vérifier les critères du prêteur.Demander si la classe actuelle est éligible, quelles pièces sont attendues et comment les travaux peuvent être intégrés au financement. Une autre banque peut appliquer une politique différente.
Le DPE décrit la situation diagnostiquée ; la projection décrit un résultat possible sous hypothèses ; les devis chiffrent des interventions proposées ; le plan de financement indique comment les payer. Seule la banque décide d’accorder ou non le prêt.
08 / EXEMPLE DOCUMENTÉ
Que change une projection ciblée dans un cas réel ?
Dans un rapport Bureau DPE consultable, un bien classé G présente un programme de travaux du DPE estimé à 65 500 €. Une étude compare aussi un premier parcours simulé vers D à 16 500 € et un parcours recommandé simulé vers C à 24 550 €, en budgets centraux estimés TTC hors aides.
Préconisations
65 500 €Un périmètre de travaux plus large.
Premier parcours
16 500 €Fourchette : 12 000 à 23 000 €.
Parcours recommandé
24 550 €Fourchette : 16 900 à 35 600 €.
Cas particulier. Budgets centraux estimés TTC, hors aides, à confirmer par devis et vérification sur place. Les programmes comparés n’ont pas le même périmètre ni nécessairement les mêmes bénéfices. Les classes D et C sont simulées.
L’écart arithmétique entre 65 500 € et 16 500 € est de 49 000 € dans ce cas. Ce n’est ni une économie garantie, ni un montant transposable à un autre bien. La comparaison montre surtout pourquoi il faut choisir la cible et le périmètre avant de demander combien financer. Lire l’analyse détaillée du cas.
09 / SI LE DOSSIER BLOQUE
Que faire après un refus de prêt lié au DPE ?
Commencez par demander à la banque si le blocage tient à une règle d’éligibilité du bien, au montant du projet ou à un autre élément du dossier. Si l’offre exclut le bien classé G, refaire uniquement le budget travaux ne lève pas nécessairement cette exclusion. Si le problème porte sur un coût mal défini ou trop élevé, revoyez les scénarios, les devis et le financement avec l’acquéreur et son interlocuteur bancaire.
Il peut ensuite être utile de consulter un autre établissement, puisque les politiques ne sont pas identiques. Si une vente est déjà engagée, prévenez le notaire et vérifiez sans attendre les conditions et les délais de la clause suspensive d’obtention du prêt. Les conséquences d’un refus dépendent des termes de l’avant-contrat. Source : Service-Public.fr
Pour un agent immobilier, disposer du DPE, de l’audit requis, d’une comparaison de scénarios et de devis facilite la transmission d’un dossier cohérent à l’acquéreur. Bureau DPE peut étudier les parcours de rénovation et fournir des budgets indicatifs et des fiches pour préparer les devis ; le tarif et le périmètre de l’étude sont confirmés avant engagement.
Demander une étude pour un bien10 / QUESTIONS FRÉQUENTES
Quelles questions se poser avant de déposer le dossier ?
Peut-on obtenir un prêt pour un logement classé F ?
Oui, c’est possible selon la banque et la solidité du projet. Une classe F ne donne ni droit automatique au prêt ni refus automatique : vérifiez les critères de l’établissement et présentez le budget des travaux.
Peut-on financer un logement classé G ?
Cela dépend de l’établissement. BoursoBank liste les biens G parmi ses projets non financés ; une autre banque peut examiner le dossier selon ses propres conditions. Source : BoursoBank
Faut-il atteindre la classe D pour convaincre la banque ?
Aucune classe D n’est exigée par toutes les banques. La cible se choisit selon le bien, l’usage prévu et les critères du prêteur. Une projection vers D peut aider à documenter un projet, sans garantir l’accord du crédit.
Le programme de travaux du DPE est-il obligatoire ?
Non. Les bouquets de travaux du DPE sont indicatifs. Ils servent de repères à comparer avec d’autres scénarios adaptés au bien et à l’objectif poursuivi. Source : ministère de la Transition écologique
Une classe projetée remplace-t-elle le DPE actuel ?
Non. Une projection repose sur des hypothèses de travaux ; elle ne change pas l’étiquette diagnostiquée aujourd’hui. Un nouveau DPE après travaux établira la classe sur la situation alors constatée.
Sources et méthode
Les conditions BoursoBank et les données de taux ont été consultées le 14 octobre 2026. Les chiffres de CAFPI portent sur les dossiers de ses clients, ceux de Meilleurtaux sur des barèmes de ses banques partenaires, la statistique Banque de France sur les prêts accordés en août et le TEC 10 sur un taux d’État : ils ne mesurent pas la même chose. Le tableau des cinq banques repose sur un retour d’expérience transmis pour un seul dossier, sans vérification indépendante des échanges bancaires. Le cas de rénovation provient du rapport Bureau DPE. Avant une demande de crédit, vérifier les conditions à jour auprès de la banque et obtenir des devis pour le bien concerné.